Le vrai-faux de la mode éthique

mode éthique et idées reçues

Mode et éthique ne sont plus contradictoires. S’habiller avec style en respectant l’homme et la planète, c’est maintenant possible. On vous explique tout, en mettant un terme aux fausses idées reçues.

« La mode éthique c’est pour les gens en sarouel qui marchent pieds nus. »

FAUX – Mais pourquoi cette haine contre les gens en sarouels? Et chacun fait ce qu’il veut avec ces pieds non? Mais si l’idée est de dire que l’éthique n’intéresse que les personnes vivant en marge de la société de consommation, et bien c’est complètement faux. En réalité, les préoccupations liées à l’éthique touchent aujourd’hui de plus en plus de gens. Ca va des parents qui n’ont pas envie d’habiller leur bébé avec des vêtements faits de matières préoccupantes pour sa santé, au hipster qui achète ses fringues en friperie pour leur style rétro mais aussi dans une optique de récup ou encore à toi qui t’interroge sur le nombre de vêtements inutilisés que tu as dans ton placard.
Un sondage Opinion Way/Max Havelaar France réalisé en avril 2016 montre que 94% de Français souhaitent voir les règles du commerce équitable s’appliquer à l’ensemble du commerce international. Et une autre étude réalisée par GreenFlex montre que 50,5% des français veulent  “consommer autrement” en privilégiant les produits “éco-labellisés”, certifiés éthiques, locaux, moins polluants.
Donc aujourd’hui la question de l’éthique dans la consommation, c’est un point qui intéresse la grande majorité d’entre nous.

Mais est-ce que ces bonnes intentions sont suivies dans les faits? Et bien il semblerait que oui puisque le commerce équitable est actuellement en pleine croissance affichant +72% entre 2012 et 2015. Même si aujourd’hui l’alimentaire occupe 91% des produits équitables consommés, le textile et les cosmétiques (respectivement 20,6% et 17,7% du pourcentage des ventes totales en non alimentaires) sont également en forte progression (+12,43%).
La consommation responsable, même dans la mode sera donc bien un grand enjeux des années à venir.

« Les vêtements éthiques, c’est moche »

FAUX C’est un peu la suite logique de la première idée. La mode éthique se composerait surtout de pièces hippy grunge colorées, de bracelets en bout de bois et haricots et de pull en chèvre qui grattent. Il serait donc impossible d’être élégant ou stylé avec. Alors qu’il suffit de se pencher sur les collections de plusieurs marques éthiques pour se rendre compte qu’aujourd’hui on y retrouve des pièces contemporaines, qui n’ont rien à envier à celles de la fastfashion.

mode éthique et esponsable panorama

Par contre, les pièces proposées par ces marques vont souvent être d’un style plus intemporel que ce qu’on peut retrouver dans les enseignes de fastfashion. Mais parce que c’est là tout le principe. Avec leurs vêtements ou chaussures, leur but est de ne pas inciter à la surconsommation, de ne pas surfer sur des tendances éphémères pour nous pousser à acheter de nouveau dans 1 mois et à jeter notre précédent achat. A l’inverse, ces marques choisissent de jouer sur le long terme en proposant des modèles que l’on gardera longtemps dans son dressing parce qu’il sont des basiques ou bien les représentants de cultures ancestrales.

« Oui, mais ça coute cher »

VRAI ET FAUX Effectivement si on compare l’étiquette d’un t-shirt dans un boutique éthique avec celui d’une grande enseigne de fast fashion, on arrive généralement à un écart de prix du type 30€ versus 90€. Alors en terme de sous que l’on va devoir sortir de son porte-monnaie, oui c’est plus cher. Mais pourquoi cette importante différence de prix? Est-ce que les marques éthiques ne se moqueraient pas de nous? Et bien il suffit de comparer deux produits pour répondre à la question.

Lorsqu’on regarde la décomposition du prix d’un t-shirt à 29€ fabriqué au Bangladesh et vendu dans les grandes enseignes suédoises ou espagnoles, voilà ce que ça donne:

prix t-shirt

En résumé, ça fait 18 centimes pour l’ouvrier qui l’a fabriqué, 3,40€ de matériel et un peu plus de 20€ de marge pour le magasin et la marque, soit 71% du prix. En comparaison, le t-shirt Deep en coton bio de la marque Ekyog, vendu 75€, compte déjà entre 30 et 35€ de matériel (soit 40 à 50%, contre les 11% du t-shirt provenant du Bangladesh). Il est ensuite fabriqué au Portugal, là ou le salaire minimum est de 565€/ mois, versus 60€/mois au Bangladesh. Et la marque ne déclare faire que 1 à 2% de marge.

On est donc très loin du gros jackpot pour les marques engagées qui n’engrangent que peu d’argent pour chaque article vendu. La différence de prix s’explique tout simplement par les choix responsables qui ont été fait.

Car au-delà de ces simples chiffres et du prix affiché sur l’étiquette, chaque achat a un impact plus difficilement mesurable. A combien évaluer les conséquences de l’utilisation massive de pesticides pour produire en masse du coton bon marché? Combien couteront à la planète les teintures toxiques qui se déversent dans les sols et les eaux? Quel prix bas peut justifier la mort de centaines d’hommes et de femmes lors de l’effondrement de leur atelier de confection?

« C’est difficile de reconnaitre ce qui est éthique ou pas »

VRAI – Si on est souvent perdu face à l’éthique, c’est parce que les grandes entreprises sont passées maître dans l’art du greenwashing.  Le greenwashing en bref, c’est laisser penser au consommateur qu’un produit est écologique ou qu’une entreprise est impliquée dans une réelle démarche de développement durable alors que les faits sont tout autre. Il suffit d’un emballage vert avec des arbres pour suggérer l’idée qu’un produit est biologique et respectueux de l’environnement. Ou utiliser sur ces publicités des visages d’artisans du bout du monde souriants pour nous laisser croire qu’ils vivent correctement puisqu’ils ont l’air heureux. Mais tout ça, ce n’est que de la communication, de la simple publicité pour jouer avec nos bons sentiments. Persuadés qu’une marque colle à nos valeurs, nous serons plus prompts à ouvrir notre porte-monnaie, le coeur léger, persuadés d’avoir fait quelque chose de bien. Nous sommes tous déjà tombés dans le panneau et il y a de quoi perdre confiance. 

Alors comment s’y retrouver simplement et faire son choix en toute connaissance de cause ? On vous donne toutes nos astuces dans notre prochain article.

Sources:
http://www.francetvinfo.fr/monde/bangladesh/soldes-que-cache-l-etiquette-de-votre-tee-shirt_497512.html

http://www.journaldunet.com/management/salaire-cadres/1126847-smic-en-europe/

https://fr.globalvoices.org/2015/09/23/190437/

http://www.lesechos.fr/22/09/2010/LesEchos/20768-113-ECH_ekyog—la-marque-100—bio-accelere-les-ouvertures.html

http://www.commercequitable.org/actualites/383-chiffres-2015.html

4 Commentaires sur “Le vrai-faux de la mode éthique

  1. Noemie says:

    Sympa ton article Mag! Je ne suis pas encore une consommatrice “éthique” mais tes articles ont au moins l’avantage de nous faire réfléchir…
    J’attends le prochain pour savoir reconnaître ce qui est éthique ou non!

  2. Natty says:

    Wow super article !
    J’adore le clin d’oeil aux sarouels, tellement vrai que les préjugés font la vie dure à la mode éthique.
    Et il y a tellement de façon de s’habiller/consommer de manière responsable… il n’existe pas UNE mode éthique mais bien des démarches alternatives qui défendent une chaîne production+consommation raisonnée et positive.
    J’en parle justement ici http://inadendesign.com/blog/mode-ethique-definition/ si cela peut en intéresser certains.
    Au plaisir d’échanger sur le sujet 🙂

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