Le mouvement slow expliqué

mouvement slow

En 1986, apparait en Italie le terme de Slow Food en réaction à la multiplication des … fast food (bien vu Sherlock!). Aujourd’hui ce principe s’étend à bien d’autre sphères de notre vie quotidienne: slow fashion, slow éducation, slow money, slow cosmétique, slow sex, slow travel… Alors fait-on face à une alliance des paresseux et des pandas pour conquérir le monde ou à une vengeance des nuls en athlétisme au collège?

Ca veut dire quoi être slow?

Il n’y a pas vraiment de définition exacte du mouvement slow et chaque branche possède son propre manifeste. Mais on peut dégager une démarche générale que je vais tenter d’expliquer simplement grâce à ce produit du quotidien qu’est le shampoing!

LA PRISE DE CONSCIENCE

Avant toute chose, le slow c’est s’interroger. Faire une pause dans ses habitudes et prendre du temps pour faire le point sur nos pratiques, les possibilités qui nous sont offertes et les contre-vérités. C’est se renseigner, ouvrir vraiment ses yeux sur un sujet pour le connaître et se le réapproprier. Et oui parce que ce n’est pas parce qu’à la télé ou dans les magazines on te dit des choses qu’elles sont en fait vraies!

Très concrètement, ça veut dire qu’au lieu d’acheter comme d’habitude son shampoing aux huiles végétales pour cheveux cassés au supermarché, c’est se dire « Oh mais au fait est-ce que je sais comment fonctionne un cheveu? Et ce que ça veut dire qu’un cheveu cassé? Et c’est quoi une huile végétale? Et pourquoi elle serait bien pour mes cheveux? Et il y en a combien de cette huile là-dedans? Et qu’est-ce qu’il y a d’autre d’ailleurs? Quel est l’impact des autres ingrédients sur moi et sur la nature?».

 Oui, je sais ça fait tout un tas de question d’un coup! Mais quand on y réfléchit c’est quand même assez étrange de se rendre compte que ces expressions comme “cheveux forts”, “bon shampoing” et “huile végétale” font partie de notre quotidien mais qu’en réalité on n’avait pas la moindre idée de ce dont il s’agissait vraiment. Et sans ces informations, il était en fait assez compliqué de trouver le produit qui répondrait à nos attentes.

Et c’est le même mécanisme qui peut être appliqué à la slow money en s’interrogeant sur ce que devient notre argent placé à la banque, ce qu’il sert à financer et pourquoi? Ou encore à la slow fashion en se demandant d’où vient ce t-shirt pas cher, où il a été fabriqué et comment, par qui et avec quoi?

L’ACCEPTATION DE SOI

Généralement, après s’être posé toutes ces petites questions, on découvre un paquet de choses. Et là c’est à nous de décider ce que l’on veut en faire.

Tu as compris qu’en fait un cheveu ne se répare pas car c’est une matière morte, que malgré ce qui est indiqué il n’y a quasiment pas d’huile végétale dans ce shampoing, qu’en plus elle n’est pas bio et contient donc des pesticides et qu’il y a tout un tas d’autres trucs là-dedans pas bon pour toi ni la planète. Mais est-ce qu’au final ces découvertes vont changer tes habitudes? A toi de choisir entre « la planète je m’en fiche et puis on va tous mourir un jour et puis moi j’ai quand même l’impression que mon shampoing marche… » ou « tout cela ne me convient pas, je veux faire autrement ».

collage d'anciennes publicités de shampoing pour expliquer le mouvement slow

Et oui, parce que au-delà de questionner un système, le slow c’est aussi comprendre comment on s’y inclue, pourquoi on y est entré et quelles sont nos véritables attentes.

Ce shampoing pour cheveux cassé, tu l’achetais car tu ne voulais plus avoir ce type de cheveux. Parce que ce n’est pas beau. Mais pourquoi est-ce que ce n’est pas beau? Qui en a décidé? Est-ce que cette recherche de beauté est plus importante pour toi que ce qui en découle? En fait, la beauté pour toi, qu’est-ce que c’est? Est-il normal de nous demander d’atteindre un idéal qui n’existe pas?

En résumé, il s’agit de faire ses choix en pleine conscience: en connaissant son sujet et en étant franc avec soi-même, ce qui n’est pas toujours facile.

LA MISE EN PLACE D’ALTERNATIVES

En réponse au questionnement précédent, les personnes ayant choisi la slow attitude ont pris le parti de s’orienter vers ce qui est bon, propre et juste. Sans s’oublier elles-mêmes, elles essayent de conjuguer leurs intérêts avec ceux des autres et de la planète, tout en ayant conscience des limites qui sont les leurs. Il ne s’agit pas d’être parfait, mais d’essayer de faire au mieux.

Tu sais maintenant qu’un cheveu aura tendance à s’abimer avec le temps. C’est inévitable. Tu relativises donc cet évènement. Mais pour autant tu vas essayer d’en prendre soin un maximum car même si tu as conscience d’être soumis à un diktat de beauté, tu n’arrives pas à t’en soustraire complètement. C’est ta limite. Par contre, tu vas le traiter avec des soins naturels, ayant le moins d’impact négatif possible sur toi et l’environnement. Tu vas prendre le temps de les fabriquer ou de les choisir pour qu’ils te soient vraiment adapté et tu vas apprécier ce temps car il a un sens pour toi. Par cette action tu vas encourager la production biologique et participer à son développement. Et puis tu pourrais en offrir à tes potes aussi pour leur expliquer pourquoi ils devraient y réfléchir aussi.

Prendre le temps: un élément clé du mouvement slow

Prendre le temps de s’interroger sur soi-même et sur un système mais aussi chercher, créer, mettre en place, appliquer et partager des alternatives. Etre pleinement à ce que l’on fait car c’est important pour nous et en éprouver du plaisir car on pense faire de bonnes choses. Loin d’être une simple tendance, la mouvement slow est donc une réelle démarche pour se reconnecter avec ses valeurs, les autres et la nature. 

Voilà, j’espère avoir relevé mon défi et que ce concept est maintenant beaucoup plus clair. Et comment ça vous avez d’un coup une furieuse envie de vous laver les cheveux?!

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