Pourquoi et comment j’ai fait don de mes cheveux

Pourquoi et comment j’ai fait don de mes cheveux

Et oui cette semaine je vais vous raconter une expérience personnelle: pourquoi et comment j’ai fait don de mes cheveux. Mais quel est le rapport avec la slow life ou l’éthique me direz-vous ? Et bien cette démarche elle est justement le résultat de tout un processus de réflexion largement dérivée du mouvement slow. Je vous en parlais déjà dans cet article en prenant comme exemple le shampoing et là j’ai appliqué la même méthode concernant mes cheveux. Après avoir pris du recul sur les injonctions sociétales, travailler sur mes propres limites et pris connaissance d’une situation vécue par d’autres; faire don de mes cheveux m’est apparu comme une évidence.

Les cheveux ou le symbole d’une certaine féminité


« Non mais les cheveux c’est juste une partie du corps et puis aujourd’hui chacun fait ce qu’il veut avec. Y a pas de quoi en faire tout un roman quand même ! ». Ça c’est peut-être ce que toi lecteur tu te dis à ce moment précis. Mais c’est surtout ce que j’ai pensé pendant longtemps avant de me rendre compte que question coiffure, on n’est pas aussi libre que ça.

Si on se penche d’abord sur la question de la longueur, il suffit de regarder autour de soi pour voir que même s’il y a des exceptions, on retrouve en très grande majorité une répartition de la population française selon le schéma suivant:

Homme = cheveux courts et Femme = cheveux longs


En gros, dis-moi de quelle longueur sont tes cheveux et je te dirais ton genre. Mais il n’y a pas qu’avec la longueur que ce petit jeu fonctionne. On peut aussi faire des paris peu risqués en demandant si la personne se colore les cheveux ou pas. Et même être quasi sûr d’être face à une femme en cas d’utilisation d’un lisseur ou d’un fer à boucler.

les cheveux dans les publicités pour shampoing

Il y a donc une image de la femme qui persiste: celle d’une longue chevelure à la couleur extra brillante et au brushing impeccable. Un idéal largement entretenu par les marques de cosmétiques qui ont bien compris la manne financière que cela pouvait représenter. Et oui parce que pour arriver (et encore arriver aussi bien que possible) à ce résultat, il en faut des trucs étalés sur les cheveux, des outils utilisés et du temps passé.

Moi et mes cheveux: un rapport de plus en plus serein


Pendant une bonne partie de ma vie, j’ai « tout fait bien comme ils disent » dans ces publicités. J’ai passé des heures à lisser mes cheveux super épais qui ont tendance à frisotter. Je les ai coloré dans tous les tons imaginables pour qu’ils ne soient pas « ternes ». J’ai même fait des traitements chimiques pour qu’ils se disciplinent. Il n’y a que sur la longueur où je me suis autorisé à plusieurs reprises des écarts par rapport à la norme. Mais j’aurais quand même passé la majorité de mon existence avec des cheveux longs.

Puis petit à petit, j’en ai eu marre de tout ça. Marre du temps consacré à mes cheveux, marre de l’argent dépensé dans leur soin, marre d’être dans une frustration quotidienne de ne jamais atteindre l’idéal L’O*éal. Et puis j’ai aussi pris conscience de l’impact néfaste de tous ces gestes sur mon organisme mais aussi sur l’environnement. 

L’esprit déjà bien retourné par tout ça, je me suis retrouvé confronté à la destinée qui attend toute femme passée la trentaine: les cheveux blancs. Pas un seul, isolé, mais une belle mèche sur une tempe. Et là, seule devant mon miroir à contempler cette tâche qui devenait de plus en plus grande, il m’est venu cette sentence à l’esprit « bon bah là t’es censé les colorer pour pas que ça se voit ».

Comme si un programme “Alerte cheveux blancs avec plan de sauvetage coloration” avait été déclenché automatiquement


Cette idée, elle est venue comme ça, d’un coup. Comme si un programme, installé là depuis des lustres, avait été déclenché automatiquement. L’alerte cheveux blancs avec plan de sauvetage coloration. Et un plan de sauvetage qui ne serait que temporaire, avec une manoeuvre à refaire tous les 2 mois… jusqu’à la fin de ma vie.

Devant cette projection de moi-même en train de répéter l’application minutieuse et longue d’une même substance chimique puante et polluante devant mon miroir, serviette tâchée sur les épaules, 6 fois par an pendant des décennies, j’ai été prise de colère. Pourquoi ma vie devrait-elle ressembler à ça ? Pourquoi ce serait mon destin alors que Ben et ses tempes grisonnantes ne se posent aucune question ? Pourquoi est-ce qu’on devrait faire semblant de ne pas vieillir nous les femmes ?

Cette injonction que j’avais si bien apprise, ce fut celle de trop. J’ai alors décidé de consacrer un temps minimum à mes cheveux et de les laisser vivre leur vie. Fini les lissages, les colorations et même les coupes régulières. Pendant des années mes cheveux ont poussés tranquillement; regagnant peu à peu leur pleine santé. Jusqu’au jour où leur longueur et leur volume sont devenus gênants au quotidien. J’ai alors repensé à des articles que j’avais pu lire sur le don de cheveux.

Pourquoi choisir de donner ses cheveux


Peut-être avez-vous vu passer l’information ces derniers jours. Le gouvernement français vient d’annoncer la prise en charge à 100% des perruques de classe 1 allant jusqu’à 350€ à partir d’avril 2019. Une petite révolution à venir pour les malades atteints du cancer. Car jusqu’à aujourd’hui, seulement 125€ leur sont reversés pour l’achat d’un perruque synthétique. Les perruques semi naturelles ou naturelles ne seront par contre, toujours pas prix en charge de façon complète et on peut comprendre la réticence de la sécu quand on découvre leur prix.

pourquoi donner ses cheveux

Si la loi vient de confirmer aujourd’hui cette bonne nouvelle, la discussion autour de ce problème remonte à l’été dernier. Et c’est en lisant des témoignages sur le sujet que j’ai réalisé que mes cheveux pouvaient servir à quelque chose de bien ! Parce que j’avais mis 30 ans à voir les choses un peu différemment, j’étais bien consciente de ce qu’avoir une « belle » chevelure et surtout une chevelure tout court pouvait représenter pour une femme. La recherche de normalité sociale dans la maladie grâce aux perruques m’est apparu comme un droit qui devrait être accordé à chacune, peu importe ces moyens financiers.

C’est aussi à ce moment là que j’ai découvert le travail de Solidhair. En récoltant des dons de cheveux, qu’elle revend ensuite à des perruquiers; l’association finance l’achat de prothèses capillaires pour les malades en difficultés financières. Après avoir lu tout ça, ma décision était prise: mes gros cheveux allaient rendre quelqu’un heureux.

Comment j’ai fait don de mes cheveux


Tout le monde ne peut malheureusement pas donner ses cheveux. Les conditions à remplir varient selon l’organisme qui récolte les dons; mais pour Solidhair, les cheveux doivent impérativement être naturels. C’est-à-dire « sans henné, ni coloration, ni décoloration, ni tie and dye, ni mèches » comme l’indique leur site. Et ils doivent faire plus de 25cm, soit plus long qu’une feuille A4. Pour les cheveux blancs pas d’inquiétude ! Ca n’a aucune importance. 

Enfin un endroit où on veut vos cheveux tels qu’ils sont, sans maquillage ni retouches ! 

Il existe en France des coiffeurs partenaires de l’association qui vous feront cadeau de la coupe pour tout don. Et d’autres qui peuvent récupérer votre mèche de cheveux pour la transmettre. De mon coté j’ai opté pour un coiffeur habituel à qui j’ai expliqué la démarche. Et il a accepté sans aucun problème de me couper les cheveux suivant le protocole expliqué sur le site. Rien de très compliqué: il suffit de séparer la chevelures en 2 ou 3 mèches. De fixer chacune d’entre elle avec deux élastiques et de couper au dessus de l’élastique le plus haut. 

Une fois ma nouvelle coupe faite, j’ai mis mes 2 grosses mèches dans un sac congélation avant d’envoyer le tout à l’adresse suivante:

Deluxe beauté
20 rue de Longchamp
75116 Paris

comment j'ai fait don de mes cheveux

Au final est-ce que je regrette cette nouvelle coupe et ce don ? Pas une seconde ! Mes cheveux courts me facilitent vraiment la vie au quotidien en plus d’être en accord avec ma nouvelle philosophie. Je suis sûre qu’ils vont apporter bien plus de bonheur à quelqu’un d’autre. Et si j’aimerais dire que je referais ce don avec grand plaisir, je ne suis vraiment pas sûre de laisser repousser mes cheveux un jour !

Si vous aussi vous voulez vous laisser tenter, vous trouverez toutes les informations sur le don de cheveux sur le site de l’association Solidhair.

Et vive le cheveu libre !

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